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Louis XVI (voir nos articles de
style Louis XVI)
L'étude du mobilier Louis XVI révèle un profond changement
de répertoire décoratif. La façon de vivre n'ayant pas
changé, les meubles sont toujours très nombreux, variés, à
usage précis, et adaptés à une société raffinée. L'imitation
de l'Antiquité n'est pas littérale mais très libre, pleine
de fantaisie et de goût. C'est cette transposition qui donne
à l'abondante production Louis XVI sa réputation justifiée.
Les formes se raidissent, l'ornementation change, mais on
retrouve transposés les secrétaires, les commodes, les
petites tables. Seuls les détails caractéristiques, les
différences et quelques nouveautés doivent être mentionnés.
Les meubles marquetés destinés à la ville sont décorés
suivant leur destination et, en particulier, ceux commandés
par la cour sont très riches : malgré l'élégance de leurs
formes et la finesse d'exécution du décor, ils nous
paraissent un peu surchargés.
Les matériaux et les techniques. Le chêne est utilisé pour
les mobilier de bois massif, pour le bâti des beaux meubles
marqués, pour les boiseries sculptées et pour certains
sièges.
Le noyer, le frêne, le hêtre, la loupe de noyer servent pour
les sièges et les meubles courants.
L'acajou connaît une grande vogue moiré, moucheté, ronceux
ou chenillé, il est employé soit en placage de grandes
surfaces pour faire ressortir la beauté des ses veines, soit
massif pour les sièges.
L'ébène, délaissé depuis Louis SIV, redevient à la mode. Les
bois fruitiers sont toujours utilisés.
Le citronnier mérite d'être mentionné ; rarement utilisé
sous Louis XV, il l'est plus couramment sous Louis XVI.
Le bois peints est fréquents. Sièges et boiseries sont
peints en couleurs claires, avec des filets dorés ou un
rechampis.
Le bois dorés s'emplois pour les sièges d'apparat, les
consoles, les glaces et les trumeaux.
La marqueterie de bois de couleur, remarquablement mise au
point sous Louis XV, exploite les mêmes matériaux et les
mêmes techniques mais, d'une façon générale, la marqueterie
est plus sombre.
Les dessins géométriques sont très nombreux sans toutefois
exclure les bouquets, les paysages historiques et les scènes
champêtres. Losanges, entrelacs, rosaces, frettes,
rectangles aux angles rentrants, grecques, damiers se
répètent en soulignant la structure du meuble. Le motif
central, s'il y en a un, est cerné soit d'un rectangles,
soit d'un médaillon.
Le tournage est rendu possible par le retour à la ligne
droite.
Les pieds et les montants des sièges et des autres meubles
peuvent être tournés de différentes façons : en fuseau, en
carquois, en colonne, en balustre…
La laque et le vernis Martin sont employés de la même façon
qu'à l'époque précédente.
La porcelaine se trouve en plaques incrustées dans les
panneaux des meubles. Cette technique se généralise :
rondes, carrées, ovales ou rectangulaires, les plaques de
Sèvres, à fond blanc, décorées de bouquets, de guirlandes,
d'animaux, de scènes pastorales, garnissent des panneaux des
jardinière, des dessus de table, des abattants de secrétaire
; vers la fin du style, les bas-reliefs de Wedgwood, d'une
extrême finesse, blancs sur fond bleu, remplacent le Sèvres.
Le cuivre est employé d'une façon très caractéristique :
soit en bague pour cercler les pieds tournés, soit en
baguette pour souligner des panneaux, des moulures et des
cannelures, soit en galerie ajourée sur le dessus des
bureaux et des tables. Certaines entrés des serrure sont
également en cuivre.
L'acier apparaît dans le décor. Il sert de fond à des
bronzes ou à des cuivres ajourés. En plaque, il cerne la
ceinture des meubles, mais il peut parfois constituer un
piétement entier de guéridon en trépied.
Le fer forgé s'adapte très bien aux piétements des meubles
inspirés par les fouilles de Pompéi et d'Herculanum où l'on
avait trouvé des vestiges de ce matériau.
Les bronzes se trouvent sur presque tous les meubles, mais
disposé et travaillés d'une façon différente de l'époque
Louis XV. L'exécution très soignée, la ciselure fine comme
celle d'un bijou les rendent plus décoratifs que
protecteurs.
L'ornementation renouvelée du bronze est, à très petite
échelle et avec une infinité de détails, digne de
l'orfèvrerie. Disposés symétriquement en frise, en chute, en
sabot, aux maints et aux entrées de serrure, les différents
motifs sont empruntés à l'Antiquité (godrons, entrelacs,
rangs de piastres ou de perles, etc.), à l'art du tapissier
(festons, cordelettes, franges, etc.) et à la nature
(fleurs, fruits et animaux).
Pierre Gouthière, le bronzier le plus adroit de l'époque,
met au point la « dorure au mat » qui donne au bronze
l'aspect de l'or.
Le marbre est de préférence blanc ou gris veiné ou parfois
rouge. Toujours taillé à la main, il recouvre le dessus de
certains bureaux, chiffonniers, commodes et tables de tout
genre.
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